Sombre
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“Only the mob and the elite can be attracted by the momentum of totalitarianism itself. The masses have to be won by propaganda.” (Hannah Arendt)
Aussi ici : […]

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Ayant accès à une série d’articles de CrimethInc traduits en français, j’ai choisi cette rétrospective des luttes anticapitalistes au tournant du siècle.

https://seenthis.net/messages/1156231
Ayant accès à une série d'articles de CrimethInc traduits…
français, j'ai choisi cette rétrospective des luttes anticapitalistes au tournant du siècle. CrimethInc. : Une autre guerre était possible https://fr.crimethinc.com/2025/07/01/une-autre-guerre-etait-possible ❝En revisitant les luttes de ce début de siècle (...)
seenthis.net
January 31, 2026 at 8:12 AM
Scandale sanitaire à propos des laits infantiles produits (entre autre) par Nestlé et Lactalis : un thread.
https://seenthis.net/messages/1156102
Laits infantiles : la présence de toxine dans des produits…
e Nestlé était identifiée dix jours avant les premiers rappels, dès la fin de novembre https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/01/30/laits-infantiles-la-presence-de-toxine-dans-des-produits-de-nestle-etait-identifiee-dix-jours-avant-les-premiers-rappels-de
seenthis.net
January 30, 2026 at 7:48 AM
<• Rapide, très rapide mission d’observation de l’état du monde, et d’où il vient certes, après Davos enterrant la globalisation en même temps que lui-même, mort et bien mort. • Croyez ce que voudrez, sauf les illusions.> […]
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January 25, 2026 at 9:31 AM
Tribune signée par un collectif d'avocat·es et autres personnes.

https://www.politis.fr/articles/2026/01/une-presomption-de-legitime-defense-des-policiers-serait-synonyme-dimpunite

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January 25, 2026 at 9:18 AM
"Ce n’est pas la fin du cauchemar. Ce n’est que le début."
https://lesakerfrancophone.fr/maquiller-le-genocide
Maquiller le Génocide
* * * Par Chris Hedges – Le 15 décembre 2025 – Source The Chris Hedges report **Au début, c’était le droit d’Israël de se défendre. Ensuite, c’était une guerre, même si, selonla propre base de données du renseignement militaire israélien, 83% des victimes sont des civils. Les 2,3 millions de Palestiniens de Gaza, vivant sous un blocus aérien, terrestre et maritime israélien, n’ont ni armée, ni force aérienne, ni unités mécanisées, ni chars, ni marine, ni missiles, ni artillerie lourde, ni flottes de drones tueurs, ni systèmes de suivi sophistiqués pour cartographier tous les mouvements, ni un allié comme les États-Unis, qui ont donné à Israël au moins 21,7 milliards de dollars d’aide militaire depuis le 7 octobre 2023.** **Maintenant, c’est devenu un « _cessez-le-feu_ « . Sauf que, comme d’habitude, Israël n’a respecté que la première des 20 stipulations. Il a libéré environ 2 000 prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes — dont 1 700 ont été détenus après le 7 octobre – ainsi qu’environ 300 corps de Palestiniens, en échange du retour des 20 prisonniers israéliens restants.** **Israëla violé toutes les autres conditions. Il a jeté l’accord – négocié par l’administration Trump sans participation palestinienne – au bûcher avec tous les autres agréments et accords de paix concernant les Palestiniens. Le mépris étendu et flagrant d’Israël pour les accords internationaux et du droit international – Israël et ses alliés refusant de se conformer à trois séries d’ordonnances juridiquement contraignantes du Tribunal international de justice (CIJ) et à deux avis consultatifs de la CIJ, ainsi qu’à la Convention sur le génocide et au droit international humanitaire – présage un monde où le droit est ce que disent les pays les plus avancés militairement.** Le plan de paix fictif – “ _Le Plan global du Président Donald J. Trump pour mettre fin au conflit de Gaza_ “, un stupéfiant acte de trahison du peuple palestinien, a été approuvé par la plupart des membres du Conseil de sécurité des Nations Unies en novembre, la Chine et la Russie s’abstenant. Les États membres se sont lavé les mains de Gaza et ont tourné le dos au génocide. L’adoption de la résolution 2803 (2025), comme l’écrit le spécialiste du Moyen-Orient Norman Finkelstein, “ _a été simultanément une révélation d’insolvabilité morale et une déclaration de guerre contre Gaza. En proclamant nul et non avenu le droit international, le Conseil de sécurité s’est proclamé nul et non avenu. Vis-à-vis de Gaza, le Conseil s’est transformé en une conspiration criminelle_ ”. La phase suivante est censée voir le Hamas rendre ses armes et Israël se retirer de Gaza. Mais ces deux étapes n’arriveront jamais. Le Hamas – avec d’autres factions palestiniennes – rejette la résolution du Conseil de sécurité. Ils disent qu’ils ne désarmeront que lorsque l’occupation prendra fin et qu’un État palestinien sera créé. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis que si le Hamas ne désarmait pas, cela se ferait “ _à la dure_ ”. Le ” _Conseil de la paix_ ”, dirigé par Trump, gouvernera ostensiblement Gaza avec des mercenaires armés de la Force internationale de stabilisation alliée à Israël, bien qu’aucun pays ne semble désireux d’engager ses troupes. Trump promet une Riviera Gaza qui fonctionnerait comme une « _zone économique spéciale_ » – un territoire fonctionnant en dehors du droit de l’État, entièrement régi par des investisseurs privés, comme la ville charter soutenue par Peter Thiel au Honduras. Ceci sera réalisé grâce à la réinstallation ” _volontaire_” des Palestiniens – ceux qui ont la chance de posséder des terres se verront offrir des jetons numériques en échange. Trump déclare que les États-Unis “ _prendront le contrôle de la bande de Gaza_ ” et “ _la posséderont_.” C’est un retour au règne des vice-rois – mais apparemment sans l’odieux Tony Blair. Les Palestiniens, dans l’un des points les plus risibles du plan, seront “ _déradicalisés_ ” par leurs nouveaux maîtres coloniaux. Mais ces fantasmes ne se concrétiseront jamais. Israël sait ce qu’il veut faire à Gaza et il sait qu’aucune nation n’interviendra. Les Palestiniens lutteront pour survivre dans des conditions primitives et déshumanisantes. Ils seront, comme déjà tant de fois dans le passé, trahis. Israël a commis 738 violations de l’accord de cessez-le-feu entre le 10 octobre et le 12 décembre, dont 358 bombardements terrestres et aériens, tué au moins 383 Palestiniens et blessé 1 002 autres, selon le Bureau gouvernemental des médias à Gaza et le Ministère palestinien de la Santé. Cela représente une moyenne de six Palestiniens tués chaque jour à Gaza – contre une moyenne de 250 par jour avant le “ _cessez-le-feu_ ”. Israël a déclaré avoir tué un haut commandant du Hamas, Raed Saad, samedi, lors d’une frappe de missile sur une voiture sur la route côtière de Gaza. Trois autres personnes auraient également été tuées dans la frappe. Le génocide n’est pas terminé. Oui, le rythme a ralenti. Mais l’intention reste inchangée. C’est un meurtre au ralenti. Le nombre quotidien de morts et de blessés – avec un nombre croissant de malades et de décès dus au froid et à la pluie – ne se compte plus en centaines mais en dizaines. En décembre, 140 camions d’aide en moyenne ont été autorisés à entrer à Gaza chaque jour — au lieu des 600 promis — pour maintenir les Palestiniens au bord de la famine et assurer une malnutrition généralisée. En octobre, quelque 9 300 enfants de Gaza de moins de cinq ans ont été diagnostiqués avec une malnutrition aiguë sévère, selon l’UNICEF. Israël a ouvert le passage frontalier vers l’Égypte à Rafah, mais uniquement pour les Palestiniens quittant Gaza. Il n’est pas ouvert à ceux qui veulent retourner à Gaza, comme stipulé dans l’accord. Israël s’est emparé d’environ 58% de Gaza et déplace régulièrement sa ligne de démarcation – connue sous le nom de ” _ligne jaune_ ” – pour étendre son occupation. Les Palestiniens qui franchissent cette ligne arbitraire – qui change constamment et est mal marquée quand elle est marquée du tout – sont abattus ou pulvérisés, même s’ils sont des enfants. Les Palestiniens sont entassés dans un camp de concentration rétréci, fétide et surpeuplé jusqu’à ce qu’ils puissent en être expulsés. 92% des bâtiments résidentiels de Gaza ont été endommagés ou détruits et environ 81% de toutes les structures sont endommagées, selon les estimations de l’ONU. La bande, longue de seulement 25 miles et large de sept miles et demi, a été réduite à 61 millions de tonnes de gravats, dont neuf millions de tonnes de déchets dangereux comprenant de l’amiante, des déchets industriels et des métaux lourds, en plus des munitions non explosées et environ 10 000 cadavres en décomposition. Il n’y a presque pas d’eau potable, d’électricité ou de traitement des eaux usées. Israël bloque les expéditions de matériaux de construction, y compris le ciment et l’acier, les matériaux d’abri, les infrastructures hydrauliques et le carburant, de sorte que rien ne peut être reconstruit. 82% des Juifs israéliens soutiennent le nettoyage ethnique de l’ensemble de la population de Gaza et 47% soutiennent le meurtre de tous les civils dans les villes capturées par l’armée israélienne. 59% soutiennent de faire la même chose pour les citoyens palestiniens d’Israël. 79% des Juifs israéliens se disent “ _pas si troublés_ ” ou “ _pas du tout troublés_ ” par les informations faisant état de famine et de souffrances parmi la population de Gaza, selon une enquête menée en juillet. Les mots “ _Effacer Gaza_ ” sont apparus plus de 18 000 fois dans des publications Facebook en hébreu rien qu’en 2024, selon un nouveau rapport sur les discours de haine et l’incitation à la haine contre les Palestiniens. La nouvelle forme de célébration génocidaire en Israël – où les médias sociaux et les chaînes d’information se réjouissent régulièrement de la souffrance des Palestiniens – est l’apparition de nœuds coulants dorés sur les revers des membres du parti politique d’extrême droite Otzma Yehudit, la version israélienne du Ku Klux Klan, y compris celui porté par le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir. Ils font passer un projet de loi à la Knesset qui vise à imposer la peine de mort pour les Palestiniens qui ” _causent intentionnellement ou par indifférence la mort d’un citoyen israélien_ ”, s’ils sont censés être motivés par “ _le racisme ou l’hostilité envers un public_ ”, et dans le but de nuire à l’État israélien ou à “ _la renaissance du peuple juif sur sa terre_ ”, explique le groupe israélien de défense des droits de l’homme Adalah. Plus de 100 Palestiniens ont été tués dans les prisons israéliennes depuis le 7 octobre. Si le nouveau projet de loi devient loi – il a déjà été approuvé en première lecture – il rejoindra la vague de plus de 30 lois anti-palestiniennes promulguées depuis le 7 octobre. Le message que le génocide envoie au reste du monde, dont plus d’un milliard vivent avec moins d’un dollar par jour, est sans équivoque : nous avons tout et si vous essayez de nous l’enlever, nous vous tuerons. C’est le nouvel ordre mondial. Ça ressemblera à Gaza. Camps de concentration. Famine. Effacement des infrastructures et de la société civile. Tuerie de masse. Surveillance générale. Exécutions. La torture, y compris les passages à tabac, les électrocutions, le simulacre de noyade, le viol, l’humiliation publique, la privation de nourriture et le refus de soins médicaux couramment utilisés contre les Palestiniens dans les prisons israéliennes. Les épidémies et maladies. Des fosses communes où les cadavres sont passés au bulldozer dans des fosses anonymes et où les corps, comme à Gaza, sont déterrés et déchirés par des meutes de chiens sauvages voraces. Nous ne sommes pas destinés au Shangri-La vendu à un public crédule par des universitaires stupides tels que Stephen Pinker. Nous sommes destinés à l’extinction. Non seulement l’extinction individuelle – que notre société de consommation tente furieusement de cacher en colportant le fantasme de la jeunesse éternelle – mais l’extinction de masse à mesure que les températures augmentent pour rendre le globe inhabitable. Si vous pensez que l’espèce humaine répondra rationnellement à l’écocide, vous êtes terriblement déconnecté de la nature humaine. Vous devriez étudier Gaza. Et l’histoire. Si vous vivez dans le Nord global, vous pourrez regarder l’horreur, mais lentement cette horreur, à mesure que le climat se dégrade, migrera vers votre maison, transformant la plupart d’entre nous en Palestiniens. Compte tenu de notre complicité dans le génocide, c’est ce que nous méritons. Les empires, lorsqu’ils se sentent menacés, adoptent toujours l’instrument du génocide. Demandez aux victimes des conquistadors espagnols. Demandez aux Amérindiens. Demandez au Héréro et à Nama. Demandez aux Arméniens. Demandez aux survivants d’Hiroshima ou de Nagasaki. Demandez aux Indiens qui ont survécu à la famine du Bengale ou aux Kikuyu qui se sont soulevés contre leurs colonisateurs britanniques au Kenya. Les réfugiés climatiques auront leur tour. Ce n’est pas la fin du cauchemar. Ce n’est que le début. **Chris Hedges** Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone. 1 016 Envoyer l'article en PDF
lesakerfrancophone.fr
December 20, 2025 at 6:16 AM
Deaths of despair : quand le modèle social tue ...
https://freakonometrics.hypotheses.org/85168
« les Américains mangent et vivent comme s’ils avaient l’assurance maladie gratuite »
J’ai lu ou entendu, un jour, cette phrase > _«_ les Américains mangent et vivent comme s’ils avaient l’assurance maladie gratuite _»_ et depuis, elle me hante (ici, “ _américain_ ” est utilisé abusivement au sens “ _états-unien_ “). J’y repense souvent, parfois en souriant, parfois en ressentant un malaise dérangeant… Car il y a un fond de vérité qu’on peut tous constater : comment un pays sans système de soin universel, où la moindre hospitalisation peut ruiner une famille, peut-il présenter des comportements de santé (en particulier quand on voit la manière dont les américains se nourrissent) aussi risqués, aussi désinvoltes, aussi destructeurs ? Oui, c’est intrigant, les États-Unis combinent le système de soins le plus cher du monde et certains des pire indicateurs sociaux de santé parmi les pays riches. Comme l’écrivent Anne Case et Angus Deaton, > _“terrible diets, smoking, obesity, opioids, and a frayed social fabric”_ (p. 53) (« des régimes alimentaires délétères, le tabac, l’obésité, les opioïdes, et un tissu social en lambeaux ») Ce n’est pas seulement une liste de maux. C’est une description d’un pays où les comportements semblent indifférents aux risques sanitaires, comme si les soins étaient accessibles, abordables, garantis. Or ils ne le sont pas. Ce décalage, entre vulnérabilité médicale et insouciance apparente, constitue l’une énigme fascinante. Et il me semble que ce n’est pas un paradoxe, c’est un système. ## **Le système de santé américain : un marché sans prix ni protections** L’absence de prévention, la complexité bureaucratique et le coût exorbitant des soins constituent le socle du système. Elisabeth Rosenthal résume cette réalité dans une formule qui a été sans cesse montrée depuis, à force d’exemples tous plus surréalistes les uns que les autres, > _“In no other industry do prices vary so widely for the same service.”_ (ch. 1) (« Dans aucun autre secteur les prix ne varient autant pour un service identique. ») La fragmentation du marché conduit à une situation où le prix réel des soins est inconnaissable. Pour deux patients assurés, un IRM peut coûter 400 dollars ou 4 000 dollars ; un passage aux urgences, 500 dollars ou 12 000 dollars. Les États-Unis ont ainsi inventé une économie sanitaire sans prix — ou plutôt, avec une infinité de prix simultanés. Cette incertitude est si profonde qu’elle rend la prévention presque impossible : comment aller consulter pour un début de diabète, un souffle cardiaque, ou un dépistage mental, quand la facture potentielle peut engloutir trois mois de salaire ? L’accès aux soins devient un risque en soi, ce qui pousse nombre de patients à retarder jusqu’au dernier moment. Case & Deaton montrent que, dans ce système, l’espérance de vie a cessé d’augmenter, au point que : > _“mortality rates were rising for a large segment of the population”_ (p. 7) (« les taux de mortalité augmentaient pour une large part de la population ») Une aberration pour un pays aussi riche. Mais l’économie de la santé américaine n’est pas conçue pour prévenir. Elle est conçue pour facturer. ## **Pourquoi des comportements de santé aussi risqués ?** On pourrait penser que les individus, conscients du prix du système, adopteraient un mode de vie exemplaire (alimentation saine, activité physique régulière, sobriété). Mais, à l’échelle du pays, c’est le contraire. Pourquoi ? La réponse tient dans les déterminants sociaux de la santé, que Michael Marmot résume magnifiquement > _“What really matters in our lives […] has a profound impact on our health.”_ (p. 10) (« Ce qui importe réellement dans nos vies […] a un impact profond sur notre santé. ») Autrement dit : ce ne sont pas les comportements qui font la santé, mais les conditions de vie qui font les comportements. Les travaux de Wilkinson & Pickett dans _The spirit level_ et _The inner level:_ montrent que les inégalités creusent la méfiance sociale, le stress psychologique, l’anxiété de statut, les comportements compensatoires (alcool, sédentarité, addiction), et même les maladies mentales. Dans _The spirit level_, les auteurs écrivent : > _“Health and social problems are worse in more unequal countries.”_ (p. 14) (« Les problèmes sociaux et de santé sont plus graves dans les pays les plus inégalitaires. ») Les États-Unis sont l’exemple extrême : plus d’inégalités, plus de stress, plus de comportements de fuite et de compensation. Case & Deaton montrent que l’effondrement industriel a brisé les communautés, détruit les identités sociales et érodé la confiance. Ils notent : > _“People cannot find meaning in their lives when the pillars that once supported them have collapsed.”_ (p. 96) (« Les gens ne peuvent plus donner un sens à leur vie lorsque les piliers qui les soutenaient se sont effondrés. ») Sans sens, la santé devient un horizon abstrait. Le plaisir immédiat (aliment gras et sucrés, alcool, opioïdes) triomphe du long terme. ## **Le cœur du problème : la perte de contrôle sur sa vie** La clé de voûte des inégalités sociales et de la santé se résume à un mot , “contrôle”. Michael Marmot, dans _Status syndrome_, développe cette idée essentielle : la position sociale est un prédicteur majeur de santé, non pas parce qu’elle modifie l’accès aux soins, mais parce qu’elle modifie le degré de contrôle sur sa propre vie. Il écrit : > _“Where you stand in the social hierarchy profoundly affects your chances of getting ill and dying early.”_ (p. 1) (« Là où vous vous situez dans la hiérarchie sociale détermine profondément vos chances de tomber malade et de mourir jeune. ») Or les individus en bas de l’échelle sociale subissent davantage l’incertitude, ont moins de marges de manœuvre, sont exposés à des environnements plus toxiques, et accumulent un stress chronique aux effets biologiques mesurables. Dans un système où le coût des soins est un risque supplémentaire, la perte de contrôle devient totale : on ne contrôle ni son emploi, ni ses revenus, ni ses soins, ni sa trajectoire. Dans _Unequal lives_, Hilary Graham rappelle que les inégalités de santé ne sont pas seulement des différences biologiques, mais > “ _two sides of the same coin_ ” (« deux faces d’une même pièce ») (p. 12) Les inégalités sociales engendrent des inégalités de santé, et des dernières tendent à reproduire des inégalités sociales. Ainsi se referme le piège ## **Comment les inégalités façonnent physiquement et psychologiquement les comportements** Wilkinson & Pickett vont plus loin : les inégalités ne se contentent pas d’affecter la santé ; elles affectent la psychologie collective, ce qu’ils appellent “l’évaluative threat”, la menace sociale permanente du jugement. Dans ___The inner level_, ils montrent que : > _“Inequality gets under our skin.”_ (p. 3) (« L’inégalité pénètre sous notre peau. ») Les données qu’ils compilent démontrent que dans les sociétés inégalitaires la prévalence de la dépression augmente, l’anxiété sociale explose, les troubles de santé mentale doublent ou triplent, la confiance interpersonnelle s’effondre, et les comportements d’auto-compensation (consommation, dépendances, endettement) se multiplient. Ces transformations psychologiques ne sont pas des pathologies individuelles, mais des réactions adaptatives à un environnement stressant. L’inégalité devient un climat mental. Elle produit une société où l’alimentation malsaine, la sédentarité, l’alcool ou les opioïdes apparaissent comme les seuls amortisseurs disponibles. Et ces comportements, loin d’être irrationnels, deviennent presque logiques au sein d’un système où la santé n’est pas soutenue, où la prévention est inaccessible, et où la vie quotidienne exerce une pression psychologique permanente. ## **La pauvreté, le jugement et les comportements de santé : ce que la sociologie montre vraiment** Les malentendus sur les comportements de santé sont anciens : on accuse souvent les individus défavorisés de “mauvais choix”, d’irresponsabilité ou d’absence de discipline. La sociologie contemporaine montre que ces idées sont fausses. Denis Colombi, dans _Où va l’argent des pauvres ?_, documente comment la société juge les dépenses des plus modestes sans jamais chercher à les comprendre. Il montre que l’on projette souvent sur les pauvres des normes de gestion bourgeoises inadaptées à leur situation : > _“On projette ainsi sur l’argent des pauvres des catégories… qui sont celles des classes moyennes et supérieures.”_ (p. 13) Les comportements “irrationnels” s’expliquent en réalité par l’incertitude, par le stress, par l’imprévisibilité des revenus, par la rareté des ressources, par l’absence de contrôle sur le futur. Autrement dit, les comportements jugés “mauvais” sont souvent des stratégies rationnelles dans des environnements irrationnels. Les comportements de santé ne sont donc jamais de simples choix. Ils sont les produits de structures. ## **Les _deaths of despair_ : quand le modèle social tue** Ce glissement (de l’individu vers la structure) est central pour comprendre l’épidémie de _deaths of despair_ identifiée par Case & Deaton : suicides, overdoses, alcool. Les auteurs écrivent : > _“Despair is not just a personal matter; it is a disease of societies.”_ (p. 5) (« Le désespoir n’est pas seulement une affaire individuelle ; c’est une maladie des sociétés. ») Le désespoir apparaît lorsque les sociétés ne permettent plus à leurs citoyens de se projeter dans l’avenir. Il n’est pas une pathologie mentale individuelle : il est un diagnostic collectif. Le fait que les États-Unis voient leur espérance de vie reculer pour certaines populations n’est pas seulement une statistique : c’est un diagnostic social, celui d’un pays où les individus ont perdu le contrôle de leur destin. Dans ces conditions, les comportements à risque ne sont plus une énigme. Ils sont une réponse. # **L’indignité d’un système et la fascination qu’il continue d’exercer** Pour conclure, si l’expression (ou la pseudo citation) > _«_ les Américains mangent et vivent comme s’ils avaient l’assurance maladie gratuite _»_ frappe les esprits, c’est peut-être parce qu’elle détourne l’attention de l’endroit où elle devrait se porter. Ce “paradoxe américain” n’est pas dans les comportements des individus. Il est dans le comportement des institutions censées protéger, et qui, aux États-Unis, ne protègent plus personne. Il est difficile d’évoquer la santé américaine sans parler du rôle des assureurs, qui ne sont pas de simples “intermédiaires” : ils sont devenus les gardiens idéologiques du système, ceux qui justifient l’injustifiable à coups d’équations, de modèles de scoring, d’algorithmes de sélection et de primes croissantes. Dans _An American sickness_, Elisabeth Rosenthal décrit ces pratiques avec une précision chirurgicale : > _« Insurers are not neutral brokers; they are profit-driven entities with every incentive to deny, restrict or delay care. »_ (« Les assureurs ne sont pas des intermédiaires neutres ; ce sont des entités motivées par le profit, incitées à refuser, restreindre ou retarder les soins. ») Cette logique ne se cache plus : elle structure tout. Les actuaires des grandes compagnies (qui devraient être les gardiens de la mutualisation et de l’équité probabiliste) sont devenus les ingénieurs de la fragmentation du risque, concevant des produits de plus en plus segmentés, des exclusions toujours plus fines, des franchises toujours plus élevées. Leur art (autrefois un outil de justice statistique) s’est transformé en une mécanique de tri social. Lorsque, récemment, certaines compagnies ont commencé à exclure explicitement des risques liés à l’intelligence artificielle ou à multiplier les clauses d’exclusion comportementale, elles ont confirmé ce que tout observateur honnête savait déjà : l’assurance santé américaine n’est plus un pacte social, mais une industrie de la sélection. Et pendant ce temps, le pays s’enfonce dans une crise sanitaire et sociale qui n’a plus d’équivalent dans le monde développé : baisse de l’espérance de vie, épidémie de dépendances, effondrement du bien-être psychologique, creusement des inégalités. Ce qui rend la situation encore plus sidérante, c’est qu’un tel système, largement reconnu comme défaillant par ceux qui l’étudient, continue d’être admiré au-delà des États-Unis. Des dirigeants économiques, des éditorialistes, parfois même des responsables politiques européens, regardent l’Amérique et y voient un “modèle d’efficience” ou un “incitatif à la responsabilité individuelle”. On ne sait s’il faut s’en étonner ou s’en effrayer. Car ce qu’ils admirent, ce ne sont pas les résultats (catastrophiques) mais l’idéologie : celle qui fait de la santé un bien privé, de la maladie une faute individuelle, du soin une marchandise, et du risque un produit financier. Celle qui confond choix avec liberté, précarité avec mérite, souffrance avec incitation. Pourtant, les faits s’imposent, massifs, têtus : plus un système de santé est inégalitaire, plus il est coûteux, inefficace, violent dans ses effets. Wilkinson & Pickett l’ont démontré : > _“Health and social problems are worse in more unequal countries.”_ (p. 14) Et Marmot, Graham, Case & Deaton, Colombi, tous convergent : ce n’est pas le comportement des individus qui produit la mauvaise santé ce sont les structures sociales, les institutions, les conditions de vie, et les inégalités. Qu’un tel modèle puisse encore fasciner, malgré les données, malgré les morts, malgré les ravages humains, dit quelque chose de troublant sur notre époque :une époque où l’idéologie économique a parfois plus de poids que l’évidence, où certaines élites préfèrent admirer l’ordre plutôt que le soin, où l’on confond discipline financière et santé publique, et où la souffrance peut être interprétée comme une preuve de moralité plutôt qu’un signe d’injustice. Il y a pourtant une conclusion simple, irréfutable, presque brutale : l’Amérique ne souffre pas parce que les individus feraient de “mauvais choix”, l’Amérique souffre parce que son système de santé (et les institutions qui le défendent) ne considère plus la santé comme un bien commun. Et voir ce modèle continuer de susciter de l’admiration… est peut-être le signe le plus inquiétant de tous. **Case, A., & Deaton, A.** (2020). _Deaths of despair and the future of capitalism_. Princeton University Press. **Colombi, D.** (2020). _Où va l’argent des pauvres ?_ Payot. **Colombi, D.** (2021). _Pourquoi sommes-nous capitalistes malgré nous ?_ Payot. **Graham, H.** (2007). _Unequal lives: Health and socio-economic inequalities_. Open University Press. **Marmot, M.** (2004). _Status syndrome: How your social standing directly affects your health and life expectancy_. Bloomsbury. **Marmot, M.** (2015). _The health gap: The challenge of an unequal world_. Bloomsbury. **Pickett, K., & Wilkinson, R.** (2018). _The inner level: How more equal societies reduce stress, restore sanity and improve everyone’s well-being_. Penguin Books. **Rosenthal, E.** (2017). _An American sickness: How healthcare became big business and how you can take it back_. Penguin Press. **Wilkinson, R., & Pickett, K.** (2009). _The spirit level: Why more equal societies almost always do better_. Allen Lane. * * * OpenEdition suggests that you cite this post as follows: Arthur Charpentier (November 26, 2025). « les Américains mangent et vivent comme s’ils avaient l’assurance maladie gratuite ». _Freakonometrics_. Retrieved November 28, 2025 from https://doi.org/10.58079/157lf * * * * * * * *
freakonometrics.hypotheses.org
November 28, 2025 at 6:56 AM
When You Leave Israel and Enter Gaza, You Are God’ : Inside the Minds of IDF Soldiers Who Commit War Crimes […]
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January 25, 2025 at 12:14 PM
https://www.terrestres.org/2025/01/22/le-remembrement-agricole-cest-tout-un-monde-qui-est-bouleverse/
[Que se racontent deux historiens spécialistes d’histoire environnementale en général et des modernisations agricoles en particulier ? Si vous avez lu la bande dessinée Champs de bataille […]
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January 25, 2025 at 8:04 AM
"Au nom de la « solidarité fiscale », des femmes doivent rembourser à l’administration les dettes contractées et cachées par leur ancien conjoint lors de leur vie commune. "

https://seenthis.net/messages/1093702
Des femmes prises à la gorge par les dettes de leur ex-mari…
| Alternatives Economiques https://www.alternatives-economiques.fr/solidarite-fiscale-femmes-prises-a-gorge-dettes-de-ex-m/00113742 ❝Au nom de la « solidarité fiscale », des femmes doivent rembourser à l'administration les dettes contractées et cachées par (...)
seenthis.net
January 20, 2025 at 8:30 AM
David Lynch : boîte de nuit, météo & quinoa :

https://seenthis.net/messages/1093668

Et sinon, ces autres posts :

"les gens parlent toujours de l’aspect du film, mais beaucoup moins du son. Pourtant le son est tout aussi important. parfois plus."

https://seenthis.net/messages/1093598 […]
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January 20, 2025 at 8:30 AM
Par trois fois, l’ami Mathieu Rigouste s’est fait accréditer comme journaliste pour entrer à Milipol, le « salon mondial de la sécurité intérieure des États ». De ses trois visites, il en revient avec son nouveau film « Nous sommes des champs de bataille », disponible à partir du vendredi 17 […]
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January 19, 2025 at 6:05 AM
Quelques nouvelles de l' "American way of life" :
https://www.slate.fr/monde/bebes-poubelle-interdiction-avortement-texas-etats-unis-abandons-mort-nourrisson-roe-wade-femmes-enfants-legislation-anti-ivg
" L'interdiction de l'avortement au Texas, entrée en vigueur en 2021, est l'une des plus […]
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January 18, 2025 at 7:27 AM
https://www.l214.com/stop-elevage-intensif/fnsea/
" L214 a enquêté sur le plus grand syndicat agricole français, la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), qui prône une agriculture productiviste et intensive.

À l’aide d’images d’archives, d’interviews d’éleveurs et […]
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piaille.fr
January 17, 2025 at 7:02 PM
AVIF, avec la Groovy Factory et 14 tonnes Production. 3e clip :
https://www.youtube.com/watch?v=HdPkdB1LKQA
January 16, 2025 at 8:59 PM
https://contre-attaque.net/2025/01/16/christelle-morancais-chahutee-dans-un-lycee-du-mans/
«La jeunesse emmerde, Christelle Morançais !» C’est ainsi qu’a été accueillie la présidente de la Région Pays-de-la-Loire, le 14 janvier, au Mans.
Christelle Morançais chahutée dans un lycée du Mans
<hr class="wp-block-separator has-css-opacity"/><h4 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="h-la-jeunesse-emmerde-christelle-morancais-c-est-ainsi-qu-a-ete-accueillie-la-presidente-de-la-region-pays-de-la-loire-le-14-janvier-au-mans"><strong>«La jeunesse emmerde, Christelle Morançais !» C’est ainsi qu’a été accueillie la présidente de la Région Pays-de-la-Loire, le 14 janvier, au Mans.</strong></h4><hr class="wp-block-separator has-css-opacity"/><figure class="wp-block-video"><video controls="" src="https://contre-attaque.net/wp-content/uploads/2025/01/mor.mp4"></video></figure><p>Alors qu’elle venait «souhaiter ses vœux» pour 2025 aux lycéens et lycéennes, 200 jeunes ont manifesté contre sa venue, déployé des banderoles devant le lycée Bellevue et ont chahuté son discours.</p><p>Pour faire taire les huées, Morançais a eu le culot de dire qu’elle venait «échanger» et prôner le dialogue.</p><p>D’échange, il n’y en a eu aucun lorsqu’elle a imposé à la région le plus grand plan d’austérité de son histoire.</p><p>Cette politicienne surpayée, proche de l’extrême droite, liée à François Fillon et Bruno Retailleau, a fait passer au mois de décembre <a href="https://contre-attaque.net/2024/12/19/pourquoi-il-faut-bloquer-morancais/" rel="noreferrer noopener" target="_blank">un projet de coupes budgétaires de près de 100 millions d’euros</a>, principalement dans la culture, le monde associatif et l’égalité hommes-femmes.</p><p>Un massacre à la tronçonneuse qui menace des milliers d’emplois culturels et artistiques, et tout le tissu social local.</p><p>Pourtant, sous son règne, la région n’a pas hésité à <a href="https://contre-attaque.net/2024/12/01/christelle-morancais-une-riche-qui-nous-coute-cher/" rel="noreferrer noopener" target="_blank">financer un film royaliste produit par le Puy-du-fou, ni à lui débloquer près de 7.000€ de revenu mensuel,</a> ce qui en fait la présidente de région la mieux payée de France. Ni même à défrayer 40.000€ d’argent public entre 2021 et 2023 pour les frais de déplacement de Madame Morançais, pourtant enrichie par une carrière dans l’immobilier.</p><p>La région, qui n’est pas à une provocation près, soutient aussi l’association «La nuit du bien commun», une association financée par le milliardaire d’extrême droite Pierre Sterin, qui fait des interventions « d’éducation à la sexualité » sous un angle religieux et réactionnaire dans les lycées catholiques de la région.</p><p>En décembre, des milliers de personnes avaient manifesté contre le plan d’austérité concocté par Morançais. Elle n’a pas écouté les mobilisations, et a simplement répondu en faisant déployer des centaines de policiers armés et un hélicoptère pour protéger l’hôtel de région.</p><hr class="wp-block-separator has-css-opacity"/><h4 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="h-une-conception-particuliere-de-l-echange-que-les-lyceen-ne-s-du-mans-lui-ont-bien-rendu-bravo"><strong>Une conception particulière de «l’échange», que les lycéen.ne.s du Mans lui ont bien rendu. Bravo !</strong></h4><hr class="wp-block-separator has-css-opacity"/><div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-1 wp-block-columns-is-layout-flex"><div class="wp-block-column has-border-color has-vivid-red-border-color is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="border-style:dashed;border-width:2px"><h2 class="wp-block-heading has-text-align-center" id="h-aidez-contre-attaque"><strong>AIDEZ CONTRE ATTAQUE</strong></h2> <p class="has-text-align-center">Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide. </p> <p class="has-text-align-center">Faites un don à Contre Attaque, chaque euro compte.</p> <div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-2 wp-block-buttons-is-layout-flex"><div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link has-vivid-red-background-color has-background has-text-align-center wp-element-button" href="https://contre-attaque.net/donner/">faire un don</a></div></div> <div aria-hidden="true" class="wp-block-spacer" style="height:19px"></div></div></div>
contre-attaque.net
January 16, 2025 at 5:24 PM
Succès écologique ou géo-ingénierie un peu foireuse ?

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-billet-vert/au-kazakhstan-la-hausse-du-volume-d-eau-de-la-partie-nord-de-la-mer-d-aral-represente-un-rare-succes-ecologique_6985613.html

" Cette nouvelle, annoncée lundi, redonne un peu d'espoir […]
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January 15, 2025 at 7:55 PM
https://basta.media/La-liquidation-de-Milee-laisse-des-milliers-de-retraites-pauvres-sur-le-carreau
"L’histoire de Milee, « c’est la chronique d’une misère annoncée », résume Edwige Perret, qui y travaillait depuis 21 ans et le décès de son mari, qui l’avait laissée « pratiquement sans […]
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January 15, 2025 at 7:41 AM
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2025/01/14/les-pfas-une-famille-de-10-000-polluants-eternels-qui-contaminent-toute-l-humanite_6496699_4355770.html
"Vingt usines de fabrication de PFAS, dont seize sont toujours actives, ont été localisées en Europe pour la première fois en 2023 par […]
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January 15, 2025 at 7:10 AM