Iran, Groenland, Colombie... Après l'attaque au Venezuela, quels sont les autres pays menacés par Donald Trump?
Par Maeliss ORBOIN
Après la capture du président vénézuélien Maduro, Donald Trump a réitéré sa convoitise envers le Groenland et n'exclut pas une intervention militaire en Colombie. Après les affrontements qui ont eu lieu ce week-end en Iran, les États-Unis ont menacé Téhéran de "frapper" en cas de nouveaux morts civils, dimanche 4 janvier.
Après la capture du président vénézuélien Maduro, Donald Trump a réitéré sa convoitise envers le Groenland et n'exclut pas une intervention militaire en Colombie. Après les affrontements qui ont eu lieu ce week-end en Iran, les États-Unis ont menacé Téhéran de "frapper" en cas de nouveaux morts civils, dimanche 4 janvier. Qui sera le suivant? Après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro, dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier par les É tats-Unis, pour accusation de trafic de drogue et de port d'armes, les menaces de Donald Trump à l'égard d'autres pays vont bon train. Et ce lundi 5 janvier, c'est au tour de l'Iran, en proie à mouvements de protestation contre le régime, de se retrouver dans la ligne de mire du président américain. Ce week-end, de nouveaux rassemblements et des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont eu lieu. Selon l'agence de presse Fars , des slogans politiques tels que "Mort au dictateur" ont été entendus à Téhéran mais aucun débordement notable n'a eu lieu, hormis "quelques jets de pierres et l'incendie de quelques poubelles ". En revanche dans l'ouest du pays, la situation est plus tendue, avec des violences et des dégradations rapportées par des médias iraniens.
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Depuis le début de la contestation le 28 décembre, liée initialement au coût de la vie, au moins 12 personnes, dont des membres des forces de sécurité, ont été tuées, selon un bilan basé sur des annonces officielles. En réponse, Donald Trump a menacé, hier dimanche, de "frapper" en cas de nouveaux morts civils. "Nous regardons cela de très près. S'ils commencent à tuer des gens comme ils l'ont fait dans le passé, je pense qu'ils seront frappés très durement par les États-Unis", a-t-il prévenu bord de son avion Air Force One . Face à cette situation, le pouvoir iranien tente de jouer l'apaisement. Il reconnait des "revendications légitimes" liées aux difficultés économiques, tout en avertissant qu'il fera preuve de fermeté face aux "émeutiers" . Hier dimanche, le gouvernement a annoncé une aide mensuelle de 10 millions de rials, soit environ six euros, par personne et pendant quatre mois, qui vise à "réduire la pression économique sur la population". Le Groenland, bientôt sous pavillon américain? Dans une interview téléphonique à The Atlantic , Donald Trump a réaffirmé son souhait de voir le Groenland passer sous pavillon américain . L'intervention militaire américaine au Venezuela, qui a mis en exergue l'intérêt de Donald Trump pour les vastes ressources pétrolières du pays, a ravivé les craintes pour le Groenland . Ce territoire autonome est convoité par le président américain pour ses importantes ressources minières et son emplacement stratégique. (Re)lire Continuité institutionnelle, tutelle américaine, opposition: qui pour diriger le Venezuela après la capture de Maduro? Interrogé sur les implications de l'opération militaire au Venezuela pour le Groenland, Trump a déclaré que c'était à ses partenaires de les évaluer, selon le magazine. "Ils vont devoir se faire leur propre opinion. Je ne sais vraiment pas", a déclaré Donald Trump avant d'ajouter: "Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s'en occuper", a-t-il réaffirmé aux journalistes à bord d' Air Force One dimanche soir: "Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois… parlons du Groenland dans 20 jours." La Première ministre danoise s'est élevée contre la convoitise du président américain: "Je demande instamment aux É tats-Unis de mettre fin à leurs menaces contre un allié historique et contre un territoire et un peuple qui ont clairement fait savoir qu'ils n'étaient pas à vendre", a écrit Mette Frederiksen dans un communiqué dimanche soir. "Je dois le dire très clairement aux É tats-Unis: il est tout à fait absurde de dire que les États-Unis devraient prendre le contrôle du Groenland", a-t-elle ajouté. Bientôt une intervention militaire en Colombie? Alors que Nicolas Maduro doit comparaître devant un juge à New York ce lundi 5 janvier, le président américain a laissé entendre qu'une action militaire pourrait être menée contre la Colombie, comme celle au Venezuela. Cela lui parait être "une bonne idée" et il en a profité pour accuser Gustavo Petro, le président colombien, de trafic de drogue vers les États-Unis. Donald Trump a également déclaré que le "Mexique doit se ressaisir", rapporte CNN . (Re)lire A près Nicolas Maduro, qui sont les autres dirigeants sud-américains dans le viseur de Donald Trump? La réaction de Gustavo Petro, qui a rapidement condamné l'intervention américaine au Venezuela, n'a pas tardé. Hier, dimanche, il a rejeté les menaces et les accusations de son homologue américain. "Mon nom (...) n'apparaît pas dans les dossiers judiciaires sur le trafic de drogue. Cessez de me calomnier, M. Trump", a déclaré Gustavo Petro sur le réseau social X.
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Le président colombien, de gauche, est très critique de l'action militaire du gouvernement Trump dans la région. Il accuse les États-Unis d'avoir enlevé Nicolás Maduro "sans base légale" . Après lui avoir dit samedi qu'il devrait "faire gaffe à ses fesses" , Donald Trump a qualifié dimanche Gustavo Petro d' "homme malade" qui "aime prendre de la cocaïne" . "La Colombie est très malade aussi, dirigée par un homme malade, qui aime fabriquer de la cocaïne et la vendre aux États-Unis, et il ne va pas le faire très longtemps (...) Gustavo Petro a des moulins à cocaïne et des usines de cocaïne, et il ne va pas le faire très longtemps". Donald Trump Le ministère colombien des Affaires étrangères a qualifié les menaces du président américain d' "ingérence inacceptable" et demandé le "respect" . Depuis le début du deuxième mandat de Donald Trump, les deux dirigeants s'affrontent régulièrement sur des questions comme les droits de douane, ou la politique migratoire. "Grave atteinte à la souveraineté" "Grave atteinte à la souveraineté du Venezuela" pour le président brésilien Lula, "action militaire qui met gravement en péril la stabilité régionale" pour le Mexique, "droit international pas respecté" pour Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU... Après l'opération militaire "Absolute Resolve" menée par les États-Unis, la communauté internationale n'a pas tardé à réagir . La cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a appelé à "la retenue" et au respect du droit international. Pour le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, "aucune solution politique durable" dans le pays "ne saurait être imposée de l'extérieur" . Mais c'est du côté des alliés du Venezuela que les condamnations ont été les plus fortes: Téhéran a qualifié de "violation flagrante de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale". Pour la Russie, il s'agit "d'un acte d'agression armée contre le Venezuela" et a exigé "des éclaircissements immédiats" sur l'arrestation de Nicolas Maduro ainsi que sa libération.
Caracas a demandé une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, soutenue par la Russie. La Chine s'est dit "profondément choqué" par les frappes militaires et la capture de Nicolas Maduro. Elle a dénoncé un "comportement hégémonique" des États-Unis et appelé "à garantir la sécurité personnelle du président Maduro et de son épouse, à les libérer immédiatement et à cesser de chercher à renverser le gouvernement du Venezuela" , dans un communiqué des Affaires étrangères, qui qualifie leur capture et exfiltration de "violation flagrante du droit international". Plusieurs manifestations ont également eu dans le monde, comme à Madrid ou encore aux Pays-Bas, pour dénoncer l'interventionnisme américain en Amérique du Sud.